Historique de Chenonceaux

Chenonceaux Le Village

Chenonceaux, un village, un château

La mention de Chenonceaux apparaît pour la première fois au XIe siècle dans le cartulaire de Noyers sous la forme Chemuncellum. C'est un simple fief, érigé en châtellenie en 1541, dont le premier seigneur connu est Guillaume Marques. Sa puissante famille détient de nombreuses terres autour de la vallée du Cher dans les siècles suivants. Au XVe siècle, Jean de Marques construit un moulin fortifié et une tour au bord du Cher. L’histoire du château (lien interne vers page Patrimoine) commence aux alentours de 1496, lorsque Thomas Bohier, intendant des finances de François Ier, achète l'édifice fortifé et le fait raser en 1513, à l'exception de la Tour des Marques, encore visible. Il fait bâtir le château sur les piles de l'ancien moulin.

Intimement lié à l'histoire du château, le village de 355 âmes conserve d'autres vestiges des siècles passés :

  • l’église Saint-Jean-Baptiste (XIIe siècle) et ses fonts baptismaux offerts par Catherine de Médicis ;
  • la Maison des Pages, construite au XVIe siècle ;
  • la mairie-école (XIXe siècle) ;
  • la maison du garde-barrière, de style gothique ;
  • le lavoir ;
  • la Renaudière ;
  • le monument aux morts ;
  • les pompes à eau ;
  • l’ancienne mairie, où le célèbre médecin Pierre-Fidèle Bretonneau officia en tant que maire de 1803 à 1807.

Aujourd'hui, l'activité économique de ce village mondialement connu est le tourisme, avec une offre d'hôtels-restaurants et de chambres d’hôtes, dans un cadre apprécié pour sa nature et la quiétude de son parc municipal.

Pendant un siècle, le village fut célèbre pour sa remarquable production de pivoines, célébrées dans son parc municipal dédié aux pivoines.

 

Pierre-Fidèle Bretonneau, pionnier de la médecine moderne

Maire de Chenonceaux entre 1803 et 1807, Pierre-Fidèle Bretonneau fut l'un des pionniers de la médecine moderne. En 1801, il s'installe comme officier de santé à Chenonceaux, à la Renaudière, avec son épouse Marie-Thérèse Adam. En 1803, la variole fait des ravages et il lance une campagne de vaccination autour de Chenonceaux. Il identifie aussi la fièvre typhoïde et la diphtérie et a pour élèves Velpeau et Trousseau. Grâce aux relations de Mme Dupin, alors propriétaire du château, il devient médecin en chef de l'hôpital de Tours qui porte toujours son nom. Mort en 1862, il repose à Saint-Cyr-sur-Loire.

 

Parc des Pivoines, Chenonceaux

L'histoire des pivoines de Chenonceaux

Passionné de botanique, Pierre-Fidèle Bretonneau transmet ses connaissances pointues à son fils naturel, Étienne Méchin (1815-1895), lequel plante ses premières pivoines en 1840. Vingt ans plus tard, ses collections sont déjà réputées.

L'une des deux filles d'Étienne Méchin, Armandine, épouse Jules Dessert, maître d'hôtel à Chenonceaux originaire de Montrichard (Loir-et-Cher). De leur union naissent cinq enfants, dont Auguste, qui travaille avec son grand-père Étienne dans l'entreprise horticole. Ensemble, ils créent de nombreuses variétés et obtiennent une soixantaine de premiers prix lors d'expositions botaniques.

 

Les pivoines de Chenonceaux, une réputation internationale

Parc des Pivoines, Chenonceaux

Après la mort de son grand-père, en 1895, Auguste Dessert (1859-1929) donne aux pivoines de Chenonceaux une renommée internationale. Maire du village pendant la Grande Guerre, il est marqué par le conflit, en témoignent les noms donnés aux pivoines créées par la suite : Victoire de la Marne (1915), la Madelon (1922), Aviateur Raymond (1915), Clémenceau (1920)…

Auguste Dessert édite des catalogues bilingues et sa réputation est internationale. Dans son catalogue de 1913, on peut voir un spectaculaire champ de 25 000 pivoines de deux ans. Des colis entiers de fleurs partent alors en train depuis la gare de Chenonceaux vers toute l'Europe et l'Amérique pour embellir jardins botaniques, royaux et parcs privés.

"Les pivoines de Chenonceaux ont acquis depuis longtemps une réputation universelle. Les descriptions les plus flatteuses ou les photographies ne peuvent donner qu'une idée très imparfaite de la beauté de nos magnifiques variétés dont les riches coloris sont si purs et si brillants que les grands peintres ne sauraient les imiter." Extrait du catalogue de pivoines n° 16 d'Auguste Dessert, en 1915.

 

Chenonceaux ou Chenonceau : la lettre "x" en question

Château de Chenonceau

Alors que le village de Chenonceaux s’écrit avec un « x » à la fin, le château, lui, n’en prend pas. Pourquoi ? À cette question fort légitime, aucune réponse pleinement satisfaisante ne peut être apportée.

Quelques documents anciens montrent des variations orthographiques, tant pour la commune que pour le château. Parmi les hypothèses avancées, Catherine de Médicis aurait souhaité s’installer à Chenonceau (sans « x ») pour marquer la différence royale par rapport au village.

Les documents en possession de la Mairie font toutefois état du décès de madame Dupin, propriétaire du château au moment de la Révolution française et protectrice du philosophe Jean-Jacques Rousseau « en son château de Chenonceaux ». Même chose en ce qui concerne monsieur le Comte de Villeneuve, chambellan de Napoléon III, « décédé en son château de Chenonceaux ».

Aucune explication historique réelle, donc, mais un bon mot de madame le maire : "Le château est tellement singulier que la commune ne peut être que plurielle".